Le manifeste

Ce manifeste est aussi une pétition. Vous pouvez signer à l’adresse suivante : http://lapetition.be/en-ligne/petition-10319.html

 

Combien de femmes ont un jour menti ?
 Combien de femmes ont un jour cédé sans consentir ?
 Combien de femmes se sont dit : je n’avais qu’à pas être là, habillée comme-ci, habillée comme ça, avoir donné l’impression que je voulais, avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?

Après avoir lu le rapport de Cyrus Vance pour motiver sa demande d’abandon des charges à l’encontre de DSK, nous ne pouvons arriver qu’à une seule conclusion. C’est vrai, Nafissatou Diallo n’avait guère de chance de gagner un procès pénal et de convaincre 12 jurés « au delà du doute raisonnable ». Cela ne prouve pas que DSK n’était pas coupable. Cela veut dire qu’aujourd’hui, la justice des hommes est bien la justice des hommes.
Quand on sait que sur 75.000 femmes violées par an en France et autant d’enfants, 10% de plaintes sont déposées et 3% donnent lieu à un procès pour 1% de condamnations, doit-on en conclure qu’il n’y a qu’1% de violeurs ? NON. 
Cela veut dire que sur les 75.000 femmes violées en France, et à peu près autant de violeurs, seules 2250 victimes ont droit à un procès pénal et à peu près 72750 violeurs ont le droit de recommencer en toute promesse d’impunité.

En effet, il semblerait qu’il suffise que la plaignante soit un peu – ou beaucoup- menteuse, qu’elle ait été la petite amie du violeur (80% des viols sont commis par une connaissance de la victime), qu’elle soit toxicomane, alcoolique, prostituée, qu’elle présente des troubles psychiatriques, qu’elle ne se souvienne plus bien de ce qui s’est passé (et on pourrait citer encore beaucoup d’exemples de ce type), pour que la justice estime qu’il n’y a pas de preuve suffisante et qu’il n’est pas nécessaire qu’elle tente d’en savoir un peu plus sur la nature du consentement soi-disant donné.
Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n’a pas les preuves suffisantes, c’est qu’il y a un problème avec la justice.
Parce qu’à l’évidence elle n’est pas en mesure de rechercher des faisceaux d’indices indispensables pour une véritable instruction, et qu’elle est gravement parasitée par des stéréotypes sexistes et des fausses représentations concernant les violences et la sexualité.

Nous demandons l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire  pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien.

Nous exigeons que les choses changent, pour l’avenir de notre société !

 

6 commentaires pour Le manifeste

  1. Pour que la justice se fasse, il faudrait commencer par faire annuler des amnisties qui protègent des violeurs et pourvoyeurs de « chaire fraîche ». Le système judiciaire ne pourra fonctionné correctement tant qu’il sera parasité par des personnes à la conscience pas tranquille.

  2. brigitha13 dit :

    pas de justice pas de paix.

    De tout cœur merci pour cet article, qui reflète la triste réalité. Ne rien voir, ne rien faire, fait du nous aussi des criminels, oui, des criminels. Car nous tous avons le pouvoir de changer cela… J’accuse toutes les Gouvernements pour les laxismes, la corruption etc.

    Brigitha

  3. Anonyme dit :

    J’ai une question, si la victime a de vagues souvenir, la justice ne peut pas se baser sur des preuves et ne peut donc pas rendre de jugement. Comment savoir si les accusations sont fausses ou non ? Comment vérifier qu’il y a bien eu viol?
    Parce que face à des accusations mensongères, comment prouver son innocence?

    • oui, vous avez raison, un des problèmes est là. Mais je vous invite à lire la page de notre blog : Viols : trauma. En effet, la docteure Muriel Salmona a scientifiquement établi que les symptômes post-traumatiques sont des éléments de preuve. Et qui si les personnels chargés de recevoir les plaintes étaient au courant (elle fait activement de la formaiton en ce sens mais est trop seule), alors il serait moins difficile de croire.

  4. Anonyme dit :

    je n’ai pas porté plainte car j’ai été violée sous soumission chimique par un médecin du DEA que je suivais…car j’ai tenté de parler de tout celà et que le corps médicla m’a pas cru…ma famille n’en a pas cru plus malheureurement..je n’ai pas porté plainte car déjà si seule, si incomprise, non crue, non coutenue…malheureusment je pense que c’est un violeur en série, que d’autres étudiantes ont été victimes et c’edst aujourd’hui que je serais assez forte et solide pour porter plainte mais aujourd’hui je n’ai ausun moyen de prouver ce que j’avance…

  5. Skary75 O dit :

    Bonjour,
    Encore bravo pour ce manifeste!
    Surtout à quand une victime entendue et cru d’office et un violeur qui doit prouver le consentement?
    Des détecteurs de mensonges par ex dans les enquêtes pour que cela ne soit pas toujours la parole des hommes quand c’est parole contre parole…
    S.

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